Cotterg, d’où viens-tu ?

Un de nos lecteurs, M. Pierre Grasset (Les Mosses), s’est livré à une intéressante recherche sur l’origine du mot Cotterg. Son exposé a été malencontreusement tronqué dans la version qui a paru dans les colonnes de notre journal, au point que la compréhension du texte et la pensée de l’auteur en ont été altérés. Nous vous livrons, ci-dessous, la version originale de sa recherche.

Citoyen d’Ormont-Dessous depuis le 1er juillet 2009 seulement, je n’ai découvert « Le Cotterg » que par son numéro 1 de janvier.

Admiratif de son aspect et de sa présentation, intéressé par son contenu documenté et chaleureux, j’ai été interloqué par son titre !

—–

« LE COTTERG » ?

  • Mot germanique inconnu, à prononcer comme Eisberg ?!
  • Mot inventé en pensant à « cotterger » ?
    C’est ce qu’on peut imaginer en lisant l’éditorial de Madame la Syndique d’Ormont-Dessous (ndlr: disponible ici).
  • Mot typiquement ormonan (qui resterait à expliquer) ?

—–

Mais veut-on rester simplement Vaudois ?

Alors référons-nous au patois des anciens, voulez-vous ?
« … lui seul pourra jamais nous servir de modèle; il constitue vraiment une forme pour nous, parce que préexistant, parce que défini, parce que sorti du sol même » écrit C.-F. RAMUZ dans « Raison d’être ».

Eh bien ! Le mot « coterd » figure précisément dans le Dictionnaire du patois vaudois, avec la définition que nous lui connaissons :
« Causette entre plusieurs personnes. Lieu où on se rassemble pour parler. Coterdzî : coterger, faire la causette entre amis, entre voisins. »

Mais, voyez comment il s’écrit !

—–

Une autre source plus récente le cite (avec deux t) :

« Cotterd (m) : veillée, parlote. Cotterger : faire la causette ».
Il s’agit de « Santé ! Conservation ! » d’Albert ITTEN et Roger BASTIAN, qui fleure bon l’esprit du fameux « Quart d’heure vaudois » de Samuel CHEVALLIER à Radio Lausanne de l’époque, où le caviste, cottergeant avec le syndic et le régent, disait : « La grande Adèle était une cottergeuse, elle est morte avant d’avoir tout dit ! »

Sacré Vaudois macho !

—–

Voilà ! Qui veut continuer le cot(t)erd ?

Pierre Grasset