Adieu l’Ami Jean-Pierre Ansermoz. Un grand merci !

Jean-Pierre Ansermoz (Les Diablerets) nous a quittés le 12 mai 2017. Les succès de ce préparateur exceptionnel de skis ont toujours constitué une énigme pour les officiants de tous pays qui gravitaient autour de la Coupe du monde de ski alpin. Il avait certes la passion de son art et un savoir-faire hors du commun. Mais encore?

C’était à chaque fois un vrai plaisir de rencontrer Jean-Pierre Ansermoz sur la Coupe du monde. Avec son petit sourire malicieux, ses yeux pétillants d’intelligence, ce nounours balèze accueillait le journaliste de 24 Heures que j’étais dans l’un ou l’autre de ses antres de sorcier, qui se situaient la plupart du temps dans les sous-sols glauques et un peu mystérieux des hôtels éparpillés dans les sites où faisait halte le Cirque blanc.

Les autres confrères, les Christian Maillard du Matin, Stéphane Fournier du Nouvelliste et tant d’autres issus de divers pays, étaient également intrigués par ce personnage, pas avare d’anecdotes. Tous voulaient connaître le secret de ce préparateur aux doigts d’or… et aux succès exceptionnels, qui lui avaient valus le qualificatif de sorcier. Il en souriait. Et nous accordait des entretiens avec une simplicité naturelle peu en rapport avec l’immense notoriété qu’il avait acquise dans le milieu.

Vrai que «le palmarès» de Jean-Pierre dépassait l’entendement. Il avait préparé les skis de nos plus grandes skieuses nationales, qui cumulaient les victoires les plus prestigieuses: les Lise-Marie Morerod, Erika Hess, Maria Walliser, Michela Figini, Vreni Schneider, etc. Que cachait Jean-Pierre Ansermoz derrière son sourire sympathique?

En fait, l’Ormonan ne disposait pas seulement d’une technique professionnelle hors pair. Sensible, il était aussi le «Papy» des skieuses, un confident, un psychologue intuitif auquel l’université de la vie – pas celle des académiciens – avait appris à comprendre et à conseiller avec justesse ses protégées. Et puis, il n’hésitait pas, à l’occasion, à troquer son tablier de préparateur de skis pour celui de cuisinier. Certaines de ses skieuses se souviennent encore de quelques mets délicats concoctés par Jean-Pierre.

Un jour, il m’avait entr’ouvert la porte de son monde secret. Et lâché une confidence qui illustre à merveille l’apport précieux qu’il dispensait à ses protégées, au-delà de ses talents de préparateur. C’est l’époque où Vreni Schneider, brillante jusque-là, accuse «un coup de moins bien», propre à tout athlète d’élite. La championne, soudain en baisse de performance, est déstabilisée, ne comprend pas ce qui lui arrive. Jean-Pierre la prend à part, lui parle, affirme qu’il lui a préparé de véritables bombes pour la course du lendemain, des skis ultra rapides.

Et l’incroyable se produit: Vreni gagne la course avec ses «bombes» et repart dans une nouvelle série victorieuse. Que s’est-il passé? Sans le lui dire, Jean-Pierre Ansermoz-le-Malicieux avait sorti et préparé une vieille paire de skis qui datait de deux ans et sur laquelle elle avait remporté quelques succès. L’effet psychologique a joué. Ça, c’était du Jean-Pierre tout craché!

Ta bonhomie, ta gentillesse et ta force tranquille, nous laisseront un souvenir impérissable. Tu as apporté tant de joies à tes protégées et aux amoureux du ski. Tu peux reposer en paix,

Adieu l’Ami. Un grand merci!

Gilbert Pidoux
Hommage publié le 30 mai 2017

8 commentaires sur Adieu l’Ami Jean-Pierre Ansermoz. Un grand merci !

  1. Quel bel hommage ! Merci Monsieur Pidoux

  2. merci JPA

  3. Merci Gilbert pour ce bel hommage. Il le méritait complètement.

  4. Bel hommage, c’est bien le Jean-Pierre que j’ai eu la chance de connaitre, un bonhomme merveilleux. R.I.P.

  5. Bel hommage, Gilbert
    En pensée avec sa famille ⛷

  6. Joli article Gilbert. Un sacré bonhomme visiblement….

  7. Maeder Rosat Monique // 1 juin 2017 á 19 h 57 min // Répondre

    En pensées avec vous tous

  8. Bravo pour l’article. Ses amis du Québec peuvent attester que ce qui est écrit décrit à la perfection cet ami qui nous était cher et qui laisse un grand vide ressenti jusqu’ici.

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