Vacarme utile ?

J’ai voulu reprendre mon activité de vieux Ronchon lors de la candidature de Ted Robert pour la Municipalité, tant je trouvais que notre chère démocratie était bafouée par un individu aussi malheureux, haineux, que mal parachuté dans une commune dont il n’avait rien à faire. Peine perdue, les électeurs lettrés et intelligents l’ont biffé massivement de leur liste et tout est rentré dans l’ordre harmonieux des choses.

Mais cette fois, je craque.

Je rentre au Pays samedi 7 août vers 18 heures et j’entends une musique que je trouve exagérée par son niveau sonore, ne me prononçant pas sur sa qualité intrinsèque. Je me dis que le FIFAD débute sa 41e saison et qu’il a bien le droit de signaler sa présence, même un peu perturbatrice de la quiétude  des gens venus se reposer chez nous. Non, vraiment ce n’est pas le FIFAD, ni même les éclaireurs au fond d’Aigue-Noire.

Vers 22 heures, je vais me coucher et ferme la fenêtre dans l’idée de laisser ceux qui s’amusent de le faire en toute quiétude, si ce n’est la mienne. Vers 02:30, ne pouvant toujours pas m’endormir, je descends au rez afin de m’allonger sur le sofa, plus protégé de la rumeur villageoise et y récupérer de mes efforts de la journée, plutôt que de réveiller la police pour faire cesser ce tintamarre. Le Ronchon ayant pris sa retraite, il faut la respecter !

04:00, toujours le même plaisir d’une infime minorité à perturber le sommeil du bourge. J’avais récupéré mon lit et, me retournant inlassablement, je me traitais de vieux schnock ringard et réactionnaire, et me demandais pourquoi des «imbéciles» cherchaient à faire venir des gens désirant fuir le vacarme et le stress citadin dans ce coin de pays et les accueillir à grands frais pour leur faire entendre un bruit dont ils ne savaient que faire.

J’imaginais ces fêtards aussi heureux qu’insouciants utiliser leurs dernières cartouches avant de s’affaler dans l’autosatisfaction béate d’une folle nuit égoïste.
Non, je n’ai pas été repéré les empêcheurs de dormir tranquille, et je me fous des raisons de leur joie marathonienne, mais je ne peux m’empêcher de me demander à qui le crime profite ?

Jean Lugrin, Les Diablerets, août 2010

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