Sauvons Isenau, oui, mais pas n’importe comment !

Il semble que les pouvoirs publics s’enferrent dans les utopies d’un Etat qui risque bien de devoir faire marche arrière sous la pression financière et environnementale.

Entourés de pays dont les dettes sont abyssales, de problèmes d’emploi récurrents, il faudrait être naïf pour penser échapper encore longtemps aux conséquences désastreuses pour notre cher pays. Néanmoins, il semble que dans notre coin, on se refuse à parler enfin d’un plan B pour le sauvetage d’Isenau. Le bon sens, la volonté d’indépendance et la protection du paysage ne paraissent pas rencontrer beaucoup d’intérêt auprès de nos autorités. Je sais qu’il est bien difficile de s’opposer aux diktats cantonaux, spécialisés dans les pressions ignobles frisant parfois le chantage. Et pourtant, en dernier ressort, ce sont les habitants des Diablerets qui souffriront des mauvaises décisions prises contre leur gré. Décisions qui vont non seulement défigurer ce soit-disant vrai village de montagne, mais aussi hypothéquer, encore plus, ses finances, déjà fortement mises à contribution.

On est donc en droit de se poser quelques questions légitimes sur la manière d’envisager l’avenir de la station, de notre avenir.

Dès la première séance d’information au sujet du remplacement de la télécabine d’Isenau, j’avais suggéré à Monsieur Scalbert, alors directeur général de DVVM, de poser des gabarits des deux pylônes de la future installation. Cette manière de procéder aurait permis, à la population, de mesurer l’impact de tels objets, sans qu’il ne soit nécessaire de demander à l’ECAL (École cantonale d’art de Lausanne) de procéder à leur décoration (autre idée de génie suggérée par… Personne !), et de payer une étude faisant l’objet de nombreuses oppositions. N’ayant pas pour habitude d’abandonner en cours de route des combats auxquels je crois fermement, ni de me faire imposer des sottises par des instances peu concernées par nos problèmes de fond de vallée, je vous livre quelques photographies de la grue du chantier du Grand-Hôtel. Celle-ci mesure 30 mètres au crochet, donc sa flèche correspondrait assez précisément à la hauteur des pylônes du vrai village de montagne. Je vous laisse le soin de placer cet engin aux emplacements prévus et d’en extrapoler l’impact, surtout pour celui qui se situerait à proximité de l’église anglaise !

Je regrette tellement que l’on ne publie pas le coût et la faisabilité d’une mise en conformité de l’installation actuelle, aussi que l’on n’étudie pas la création de navettes électriques qui, elles, auraient l’avantage de résoudre les problèmes de liaison entre les divers points névralgiques, ce qui n’est en tous cas pas le cas de l’installation préconisée et non encore financée.

Le maintien de l’installation actuelle, avec dérogations éventuelles pour une installation historique, s’il le faut vraiment (?), ne nécessiterait aucune autorisation de passage ou de versement aux propriétaires survolés, ni de répondre aux normes contraignantes et coûteuses de protection de l’installation en cas d’incendie situé au-dessous.

Franchement, ne serait-il pas temps de se poser ces questions avant qu’il ne soit trop tard d’avoir évincé un tourisme doux et respectueux de l’environnement, ce pourquoi les hôtes fidèles de la station sont venus et ont permis notre existence ?

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Ceci n’est pas un photomontage, mais des images de la grue du chantier du Grand-Hôtel (démontée le 14 mai), prises depuis divers endroits du village. Je le répète, cette grue mesure 30 mètres au crochet, ce qui équivaut à environ 35 mètres à la flèche. Essayez d’imaginer cette grue avec deux joues posée aux deux endroits prévus dans le village !

Jean Lugrin

20 commentaires sur Sauvons Isenau, oui, mais pas n’importe comment !

  1. Finalement quelqu’un qui s’exprime convenablement sur le sujet d’un Plan B, modeste et intelligent. J’ai été informé dernièrement par une personne qui travaille dans ce domaine, à Berne, que les autorités fédérales ne s’opposeraient pas une telle rénovation.
    Qui va pousser donc nos autorités cantonales de garder les pieds par terre et les faire hésiter avant de dépenser ces sommes colossales (toujours l’argent des autres!)?

  2. Je suis entièrement du même avis pour un Plan B (c’est à dire une renovation de l’installation existante ).

    Nous avons été presentés avec un fait accompli sans la possibilité d’étudier d’autres options.

    Pour un projet d’une si grande importance et d’un tel budget j’aurais espèrer voir une présentation professionelle: plan ou maquette d’urbanisation, montrant tout l’infrastructure,-accès, parking, placement et grandeur du depart de la télécabine.

  3. Pour apporter un léger ton de contradiction à tous les propos ci-dessus, je me permets simplement de dire que le plan B n’est pas la meilleure alternative pour un avenir à long terme du bien-être qui règne dans notre vallée… La meilleure variante serait d’avoir un domaine skiable invisible, ne causant aucun impact sur la belle nature qui nous entoure et si possible qui rapporte un maximum sans que l’on n’ait à renouveler ni installations ni stratégie « touristique ». Imaginez une commune aux caisses sans fonds où personne n’a à se battre pour gagner sa vie! Le bonheur quoi! Ce n’est évidement pas le cas aux Diablerets. Nous avons un devoir, celui de ne pas laisser mourir notre station à petit feu. Ou devrais-je dire de ne plus se laisser mourir. À mon sens, si nous voulons persévérer dans la direction touristique de notre vallée, nous devons nous améliorer, nous rendre plus attractifs et plus dynamiques. Et cela, en rénovant une installation qui pose d’énormes problèmes de circulation, d’engorgement et sans compter le côté mal pratique de son emplacement? S’il vous plaît!!! Il faut un changement, une optimisation! Et ce, oui, au détriment d’une vue. Quelle vue? celle qui rase à 30 m. le sol… Certes, c’est un peu dommage, c’est vrai, mais qu’est-ce que deux ou trois malheureux pylônes? Pensez-vous que lorsque l’actuelle télécabine fut construite, la population s’en est réjouie? Je ne crois pas. Il a fallu de l’audace de la part des autorités de l’époque, ainsi que celle des habitants pour que cette installation voit le jour. Si nous devions démonter Isenau, aujourd’hui, il ne faudrait que quelques petites semaines pour gommer à tout jamais les impacts au sol des pylônes. Il en va de même pour la future installation. En bien peu de temps, nous serons parfaitement habitués au visuel et tout ira bien, vous verrez. C’est un enfant du village qui vous le dit, après 30 ans aux Diablerets, il me faut un effort considérable pour remarquer les quelques verrues déjà présentes sur notre sol! L’automne dernier, alors que je me promenais dans l’espace piéton, j’ai surpris une conversation. Une dame dit a une autre en observant les travaux de feu le Grand Hotel: « Non mais regarde un peu ce qu’il font là! Qu’elle horreur ce bâtiment! Comment peut on laisser faire des horreurs pareilles! » Elle ignorait totalement que cette « horreur » fut, il y a presque 120 ans, le moteur, l’élément déclencheur de nos activités touristiques! (Pas dans sa forme actuelle bien sur)

    Pour conclure, je reste persuadé que notre avenir est intimement lié à Isenau et à sa rénovation avec un départ des Iles pour montrer que nous sommes dans le coup et que nous tenons au confort de nos hôtes. De toutes manières, si le tourisme ne redécolle pas, qui fera tourner notre petite économie? La Construction? Ah ben non!! Merci la Lex Weber et ses supporters!

    Yoann Huck

    • Je ne peux que féliciter Yoann pour sa lettre qui représente exactement ce que je pense de la situation même si je suis un « enfant du village » un peu plus âgé que lui.
      Chaque année, j’ai la chance de visiter des dizaines de stations de sport d’hiver sur plusieurs continents. Chaque endroit a son charme, ses qualités, mais aussi ses erreurs et ses problèmes. Ce n’est pas possible de les comparer ou d’essayer de copier un modèle précis.
      Par contre, une chose ressort toujours: les « bonnes » stations on eu de l’audace et du courage à un moment important de leur histoire. Cela a souvent été difficile mais je ne connais pas un seul exemple qui s’est construit un avenir durable en faisant du rafistolage.

      J’espère juste que nous n’innoverons pas dans cette voie en dépensant des millions pour une « rénovation » d’Isenau qui n’amènerait aucune solution à long terme.
      Pour une fois, soyons courageux et audacieux pour que nos enfants puissent continuer à vivre dans ce beau village.

      Hugues Ansermoz

  4. Je suis très heureux que le sauvetage d’Isenau amène un début de discussion. Merci Yoann, merci Hugues Ansermoz !

    Revenons à vos commentaires.

    De l’audace, de l’audace, mais alors ! Un peu comme lorsqu’il faut reconstruire une passerelle sur la Grande-Eau, on copie un pont couvert datant de 1250, on couvre une fontaine à l’entrée du Village afin qu’elle ne soit pas mouillée par la pluie, avec en prime une fausse lucarne opaque ! Et on développe le tourisme régional par la création d’une nouvelle halte pour le pique-nique d’une quinzaine de personnes au «Droutsay». Mais en revanche, on crée, dans les années huitante, une Maison des Congrès (ça, c’était audacieux pour une population d’un millier d’habitants) et un beau projet architectural en plus, mais avec une salle de gymnastique ne permettant pas de disputer des matchs de basket-ball sérieux, il manque une trentaine de centimètres. On construit un terrain de foot-ball aux dimensions audacieuses ne permettant pas de disputer des matchs, ne serait-ce de la ligue amateur, il manque 4 et 5 mètres dans chaque sens !

    Alors, qu’on arrête de me parler d’audace, mais plutôt que de copier ce que d’autres ont souvent mal fait, on ferait bien de se mettre enfin à réfléchir sur l’avenir qu’on veut donner à cette région encore préservée, sans hypothéquer les finances communales qui vont tout droit vers de très mauvais jours. Effectivement, la Loi sur les résidences secondaires du clown de service va coûter très cher en terme de rentrées fiscales, la Loi sur l’aménagement du territoire va coûter très cher en terme de rentrées fiscales, et bientôt l’abolition des forfaits fiscaux, que la majorité des citoyens primaires de ce pays va certainement accepter, et va coûter très cher en terme de rentrées fiscales.

    Ne parlons pas trop non plus du long terme ! Le télésiège du Meilleret n’a pas vécu une douzaine d’années et il faut soit-disant le changer. On parle de supprimer la télécabine quasiment neuve et grandement déficitaire du Glacier pour en construire une autre montant depuis le pied du Meilleret au Scex-Rouge, sans pouvoir en redescendre. Franchement, vous pensez que cette audace-là va apporter la survie de la région ?

    Contrairement à ce que vous dites, le Grand-Hôtel est une verrue, comme d’ailleurs l’Eurotel. S’il faut reconnaître que ces deux établissements ont apporté des nuitées importantes, surtout l’Eurotel, esthétiquement aucun des deux n’a apporté une mise en valeur du territoire. De ne pas le remarquer est regrettable, mais explique peut-être le reste.

    Il est temps que la population d’abord, les pouvoirs publics et surtout l’Etat de Vaud se rendent compte où nous sommes en train de nous diriger. Alors pensons justement à ces enfants qui seront bien peu pour rembourser des investissements disproportionnés et qui ne se rentabiliseront jamais, même avec la venue de touristes supplémentaires.

    Certainement, un jour viendra où la qualité de la vie supplantera les équipements touristiques, car il ne s’agit que d’ersatz à des activités simples, non polluantes, peu gourmandes en énergie, mais qui permettent un développement personnel. Là, j’avoue que nous en sommes pas encore prêts. La société de consommation pour touristes dépendants est encore reine, il faut mâcher les activités prêtes a l’emploi !

    Trop souvent, on oublie que la valeur d’une station dépend de son paysage. Bien plus que la qualité de ses infrastructures, l’accueil est prépondérant. Ca ne coûte pas cher, mais parfois, cela semble pourtant hors de portée. Et si on commençait par ça ?
    Vive Isenau, vive ici !

    jl

  5. Mon cher Jean,

    Ravis de voir que tu aimes le débat. Le contraire m’aurait étonné.

    J’ai comme l’impression que tu te méprends sur le sens que je donne à l’audace. Je ne parle pas de précipitation, de bâclage ou encore de fausse originalité mais bien de prise de risques. Je ne pense pas que les initiants de la passerelle se soient dit: « tiens, ça marche à Lucerne, pourquoi pas aux Ormonts ». Je pense plutôt qu’ils ont privilégié un concept « authentique » plutôt qu’à tout prix original. Il n’y a qu’à voir le nombre de commentaires désobligeants sur l’éclairage « conceptualisé » pour se rendre compte que leur choix était judicieux, à défaut d’être audacieux. Pour ce qui est du résultat, et comme pour le couvert à bassin (hydrophobe!), je trouve que ces deux objets apportent cachet et plus-values au village.

    Afin d’éclaircir le sujet du Grand Hotel, je ne voulais en aucun cas dire qu’il était beau, mais simplement relever le fait que, malgré sa laideur, il passe plutôt inaperçu (avec le temps). Je t’accorde qu’avec sa future nouvelle peau, il va falloir à nouveau s’habituer.

    On ne peut refaire notre histoire et je suis d’accord avec toi pour dire que les erreurs de la salle de gym trop petite ou encore du terrain de foot sont regrettables, mais n’empêche que la Maison des congrès est un outil formidable pour la station et que son état de conservation mérite d’être remarqué. Merci M. Fontana! Quand au terrain de foot, je ne dirais qu’une chose, il n’est pas au bon endroit. Il prétérite un emplacement qui, il me semble, pourrait être utilisé à meilleur escient. Il faut probablement plus de poigne à la conduite de projets d’envergure et un œil affûté pour en voir les défauts. Mais ce n’est pas à toi que je vais apprendre que dans tout projet de construction il y a son quota d’erreurs. Si fin et perfectionniste que l’on soit, il est impossible de penser à tout.

    Pour en revenir à l’audace, je pense que le projet d’Isenau partant des Isles, doit aller dans ce sens. Si l’on joue à la « retirette » une fois de plus, c’est là que l’on va droit dans le mur. En conservant un même tracé, l’installation coûtera quand même trop cher pour nos caisses (car oui nous devrons le financer seul, pour ceux qui n’avaient encore pas compris) et l’on n’y gagne absolument rien. Si les cabines décollent aux Isles, nous serons dans le cadre fixé par l’Etat et de ce fait, nous aurons des aides pour alléger les coûts. Certes, il faudra mettre la main au porte-monnaie, mais pour une objet qui améliore notre offre touristique. Il ne s’agit pas de « mâcher des activités prêtes à l’emploi », mais de faire les choses bien, une bonne fois pour toutes! Il faut impérativement réaliser que la plus grande partie de notre clientèle est de type famille. J’imagine bien un couple et leurs enfants skiant aux Diablerets et traversant notre village à pied pour rejoindre l’un ou l’autre de nos domaines. Ce n’est de loin pas inhumain, c’est vrai, mais il ne le feront peut-être qu’une fois. L’année suivante, ils choisiront une station plus adaptée. C’est aussi simple que cela. Et où iront les enfants de ce couple à leur tour parents? Dans la station ou tout était mis en place pour eux et de manière adéquate. Nos infrastructures actuelles ne le sont pas du tout et c’est bien dommage. Nous avons une chance de faire de notre station un endroit où il fait bon venir en vacances, saisissons-la. Ou alors je me trompe totalement et je passe à côté de quelque chose. Il existe peut-être une solution, une clientèle ou un remède miracle à notre économie basée sur le tourisme… Que voulons nous? Un village qui vit ou un village qui meurt sans que l’on ait envie de réagir? Sans Isenau du tout, nous mourrons, avec Isenau B nous survivrons et avec Isenau A, nous nous envolerons. Peut-être pas si haut! Soyons réalistes, mais juste en dessus de là où nous nous trouvons!

    Les mesures douces pour le développement personnel et le tourisme doux sont dans la feuille de route « vision 2025 ». Elles font évidemment moins de bruit que le projet d’Isenau, mais elles sont là, noir sur blanc. Certaines idées ne sont peut-être pas couchées sur ce document, mais chacun à eu le droit et l’opportunité de les exprimer. Il serait bien dommage que certaines d’entres elles soient restées muettes.

    Bien à toi.

    Yoann

  6. Il y a trop de points dans ta réponse qui méritent précisions de ma part et discussion.
    Je ne veux pas trop critiquer publiquement l’état (j’ai mis exprès une minuscule !), ni tous ceux qui se plient trop vite à des exigences ridicules et contre nature.
    Viens boire un verre !
    Amitiés
    j.

  7. Très juste Yoann, mais pas besoin d’imaginer la situation de la traversée du village à pied… moi je l’ai vécue lorsque j’étais seule avec mes 2 premiers enfants qui avaient environ 6 et 4 ans. Pas possible de parquer près du départ du télécabine, donc je pose les enfants et le matériel. Je leur demande de m’attendre sans bouger… je file à la place de la Maison des congrès, j’enfile mes chaussures de ski, et je me hâte pour remonter auprès de mes enfants, qui ont trouvé le temps long et que j’ai croisés sur la route, car ils s’inquiétaient. Pour le retour, pareil en sens inverse. Depuis, si je n’arrive pas à partir tôt le matin, je ne viens même plus. Monsieur Lugrin, je ne suis pas du même avis que vous, pour les familles, la valeur d’un station ne dépend pas que du paysage… Nous avons 4 enfants et quand nous réservons nos vacances jusqu’à maintenant du moins, nous avons toujours favorisé les stations faciles d’accès, et adaptées aux enfants.

  8. Avec plaisir Jean!

    À bientôt!

  9. Isenau : Too Small to Fail and stay Small !

    Outre les aspects paysagers sur lesquels les positions ne pourront pas être réconciliées, de même que sur l’orientation liée au tourisme vert, sportif, festif, familial, jeune ou/et autres de la destination, ni la municipalité, ni les différents lobbies pro n’ont abordé concrètement la question économique. Le Master Plan des remontées mécaniques de l’Etat de Vaud règle la question du financement des infrastructures mais pas des coûts d’exploitation. Le renouvellement de la télécabine d’Isenau dans la configuration envisagée aura un prix de 17 millions, dont 3,4 millions à charge de la commune d’Ormont-Dessus, via l’offre publique.

    Toute entreprise fonctionne par centre de charges financières et que les charges qui ne sont pas couvertes par les recettes doivent faire l’objet de réduction.

    Un investissement de 17 millions pour une exploitation d’un domaine exploitable, en hiver avec 4 installations Pomalift (assiettes) et en été avec aucune activité existante, n’est économiquement pas rentable. Les charges d’exploitation et d’amortissement ont une logique financière qui dépasse largement l’enthousiasme local.

    Qui va vouloir supporter le déficit de l’exploitation d’une télécabine dont les coûts d’amortissement seront exagérément élevés ? Réponse : aucune entreprise sensée. Nous avons pu constater cette fin d’hiver le désarroi des commerçants et hôteliers de Gryon car les installations de Gryon ont été fermées durant les vacances de Pâques. L’enneigement était bon, les vacances placées tôt dans la saison, les touristes présents mais la logique des coûts est implacable. Pas assez de skieurs sur l’ensemble du domaine et il faut baisser les coûts, conséquence : fermeture d’une partie du domaine. Ce sera le cas avec Isenau qui en bout de chaine sera fermée au profit du Meilleret. Nous savons également que les installations de Villars ne sont pas ouvertes en été grâce à l’exploitation d’un train qui amène les hôtes à Bretaye et dont les coûts ne sont pas supportés par les remontées mécaniques, ce n’est pas la même bourse.

    Nous savons que le poids économique de Télédiablerets sera d’environ 25% dans la nouvelle entité exploitant le domaine des remontées mécaniques des Diablerets et de Villars, ce qui signifie que nous n’aurons aucun pouvoir décisionnel dans la nouvelle structure fusionnée.

    Même avec un argument contractuel dans le cadre de la fusion visant l’obligation du maintien de l’ouverture de l’installation, lorsque les pertes économiques sont effectives, il n’y a aucun moyen juridique et pratique d’imposer une ouverture générant des pertes pouvant conduire à la faillite d’une entreprise.

    Nous devrons supporter une installation ayant coûté cher et qui sera fermée 8 mois par année. Nous perdrons ce qui fait la richesse de notre village soit un accès facile à la moyenne altitude selon nos besoins touristique et de manière écologique depuis le centre du village. Nos efforts seront vains et déçus.

    Pour mémoire, nous avons perdu totale maîtrise sur les installations de Glacier 3000. L’exploitation de cette installation tout au long de l’année tient à un fil. A celui de la réussite de ses propriétaires à assurer un équilibre financier après un rachat à 5 millions d’une installation qui en a coûté 70 millions. A longueur d’année, le management doit chercher à augmenter sa fréquentation pour couvrir les charges. Et cette entreprise a la chance d’avoir des financiers bien veillants et fortunés. Ce n’est pas le cas des petits porteurs de cette opération de crowdfunding Sauvez Isenau.

    Dans cette fusion, nous n’aurons ni la maîtrise du produit, ni des services et apparemment encore moins de l’image vu le peu de consensus local sur une clientèle cible. Comment assurer une viabilité ?

    Si nous souhaitons maintenir et développer des activités touristiques dans la commune, nous devons avoir la maîtrise de cette installation. Dans la société fusionnée des remontées mécaniques, nous n’aurons plus AUCUN pouvoir décisionnel. C’est la raison pour laquelle la municipalité doit développer ce plan B, soit le renouvellement de l’installation dans sa configuration actuelle et dont les coûts totaux sont moindres et les charges d’exploitation aussi. Certes cela nous devrons assumer une plus grande part du financement (pas de subvention), mais cet effort nous permettra aussi de maîtriser l’offre touristique.

    L’étape décisive de cette opération Sauvez Isenau sera la séance du conseil communal du 4 juillet prochain. La municipalité envisage de faire voter par l’assemblée un crédit couvrant la différence manquant entre les promesses de dons et le montant total à financer. A tous ceux qui n’adhèrent pas au projet et qui n’ont pas fait de promesse de dons, réjouissez-vous, vous allez y contribuer par le biais de vos impôts ! Aux autres contribuables, vous payez deux fois.

    Cordiales salutations.

  10. Mon Cher Eric,

    Heureux de te lire. Plus il y aura de personnes qui poseront de bonnes questions, plus on aura la chance de constater que les conseillers communaux ne voteront pas avec un bandeau sur les yeux et un écouteur branché sur la Place du Château à Lausanne et l’autre en direction de Villars. J’espère tellement qu’Isenau sera sauvé par des citoyens déterminés à assumer leurs responsabilités, et l’avenir de notre région.
    Il est dommage que ce type de questions ne paraisse pas dans le journal-papier, mais soit réservé à ceux qui ont l’électricité !
    Amitiés à toi, à ceux qui ont commenté, ainsi qu’à notre cher rédacteur
    Jean Lugrin

  11. En réponse à Jean Lugrin,
    L’idéal serait que toutes les lettres paraissent in extenso dans LE COTTERG papier. Mais il faudrait des dizaines et des dizaines de pages pour toutes les diffuser, ce qui induirait un coût exorbitant, hors de nos moyens.
    Nous avons la chance d’avoir un site web bien fréquenté (entre 300 et 400 visites par jour), où les lettres peuvent paraître en entier (ce qui est rarement le cas dans les grands journaux). Elles peuvent même être imprimées et commentées avec des personnes qui n’ont aucun accès direct ou indirect avec le web (15% seulement d’après des statistiques officielles).
    L’important est que le débat ait lieu. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a lieu. A ce sujet, je tiens à féliciter les intervenants pour la bonne tenue de leurs propos. Vous contestez des idées, pas des personnes. Et toujours dans les limites de la courtoisie. Bel exemple de vitalité démocratique, en vérité. Bien dans la ligne de la charte du Cotterg qui se veut un lieu d’échanges et d’informations. Bravo à tous!
    Et salutations les plus cordiales. Gilbert Pidoux

  12. Un Plan B, vraiment?

    Les promesses de souscription (plus de CHF 2’000’000 jusqu’à ce jour), de la part des habitants et des entreprises des Diablerets, pour “sauver Isenau”, il me semble, ont été faites tout simplement pour éviter la clôture complète du domaine et de sa télécabine. Le choix fut difficile: soutenir le Plan A (une nouvelle télécabine qui survole le village) ou “bye bye” Isenau. Confrontés à ce choix, les souscripteurs (y compris moi) ont accepté un certain risque de “défigurer notre vrai village de montagne” afin de préserver notre bien-aimé Isenau, indispensable à l’économie du village.

    Cependant, s’il y a vraiment un Plan B (la rénovation et le maintien de l’installation actuelle), comme suggéré par Jean Lugrin, Paul Foster et Uli Pacht, je me demande combien d’entre nous soutiendrions cette solution avec les mêmes promesses de souscription? Un petit nombre de personnes? La moitié? Ou la grande majorité? Si c’est la majorité, l’installation (à part d’éviter le problème de survoler le village), pourrait garder ses cabines rouges iconiques, préservées comme des voitures d’époque ou des trains à vapeur (par exemple, le Blonay-Chamby). Après tout, on peut dire, la télécabine d’Isenau est un morceau d’histoire vivante et sa préservation serait un excellent coup publicitaire pour le village, selon mon expérience dans le domaine de la publicité. En outre, un tel Plan B n’empêcherait pas l’adoption du Plan A à un certain moment du futur, en fonction de la santé de l’économie des Diablerets, des Alpes vaudoises, du Canton de Vaud, de la Confédération suisse et de l’Europe.

  13. Cher Gordon,

    Juste pour répondre à un point de votre commentaire, je vous signalerai que, contrairement à ce que j’avais annoncé à la Municipalité en date du 27.12.2012, que je ne verserais pas un centime pour participer à l’enlaidissement du territoire par des pylônes inesthétiques et un projet discutable, j’ai tout de même promis un versement de FRS 1’000.- pour sauver Isenau. Mais, si le plan B est adopté, je verserai FRS 9’000.- supplémentaires. Pour un petit retraité, sans grande fortune, je crois que c’est bien une preuve de mon attachement à cette seule remontée mécanique digne d’intérêt, ainsi que mon amour pour toute la région et beaucoup de ses habitants. Si 140 personnes décidaient d’en faire de même, il ne serait pas nécessaire de se soumettre aux dictats d’un Etat bien éloigné de nos préoccupations et de notre avenir !
    A bon entendeur, à vos réflexions.

    Jean Lugrin

  14. …il faudrait peut-être réfléchir à une solution semblable à l’association des bateaux à vapeur du Léman (www.abvl.ch)? ils arrivent régulièrement à lever des montants assez considérables, permettant de rénover et d’entretenir ces magnifiques bateaux, qui sont une des attractions touristiques principales de la région (pendant 3 mois par année, ce qui ne serait pas le cas de l’attraction d’Isenau-vintage, qui pourrait tourner toute l’année). Ce concept d’attraction touristique s’inscrirait parfaitement dans un projet « stand-alone » global pour Isenau, liant tourisme doux et peut-être même « rustique-chic » (hôtel au sommet, white-pods, tourisme à la ferme (milieu de Floriette), montée en calèche depuis le Pillon, ferme solaire…). L’audace n’est peut-être pas où on pense qu’elle doit être et il est temps de réfléchir à TOUTES les solutions, sur base de business plans concrets et en tenant compte de l’évolution actuelle du tourisme. Avec le résultat de la TRES aberrante initiative Weber, il va falloir s’adapter dans les stations de montagne et Les Diablerets, qui ont su, contrairement à leurs voisins directs, gérer leur développement immobilier avec grande intelligence, ont une chance inouïe de prendre le train en marche et de proposer quelque chose de différent, d’original et moins coûteux que la pure industrie du ski.
    La version B ou C (monument historique) permettrait de régler la question de l’accès pour les habitants du Belvédère, d’éviter la question du remboursement du PRET sans intérêt de près de 7 mo. du canton ou encore les oppositions majeures que l’option A risque fort de déclencher. La question du renouvellement des installations du haut d’Isenau ne sera certes pas réglée, mais je doute fort que les gentils voisins de Villars, qui en seraient propriétaires avec l’option A, soient prêts à régler la note non plus. Il faudra de toutes manières trouver d’autres moyens de financement pour cette partie du domaine. Quant à la problématique reconnue du départ d’Isenau (tel qu’actuel), elle pourrait être réglé par des petites navettes électriques (ce qui permettrait de se débarrasser de ces affreux grands bus qui n’ont rien à faire dans un village) payantes, comme c’est le cas à Zermatt.
    Pour répondre à Gordon, je pense que nous sommes bon nombre, en particulier chez les résidents secondaires, à être prêts à s’engager pour les options B ou C (monument historique)! Comme il est d’ailleurs dit sur le site http://www.myisenau.ch en première page et juste sous une jolie image de nos beaux oeufs rouges: « il est primordial de renouveler cette infrastructure pour préserver ce magnifique domaine idéal pour les skieurs et amateurs de nature »! Alors, TéléDiablerets, Commune, habitants, résidents secondaires et touristes, soyons audacieux et sauvons tous ensemble les oeufs rouges!

  15. Résidente aux Diablerets depuis 12 ans, je me suis fortement attachée au village au point de participer « un peu » à la vie associative. J’ai aussi participé au projet Vision 2025. Que d’idées lancées pour redynamiser la station et attirer les touristes et développer des activités à Isenau dans le sens de la lettre de M. Th. Weber. Ses idées ont aussi été émises dans les 2 modules dont j’ai fait partie.
    Mais jamais il ne nous était venu à l’idée que les œufs rouges pouvaient se muer en attraction touristique comme suggéré par M. G. Douglas.
    Pourquoi ne pas creuser dans ce sens ?
    QUE VIVENT LES OEUFS ROUGES…..

  16. Sauvons les oeufs rouges!

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt les remarques de Thierry Weber et Jac Moser.

    Voici quelques idées “folles”(?) comment rendre les iconiques oeufs rouges encore plus attrayants comme monument historique:-

    1. Installer un vieux moteur à vapeur pour alimenter la télécabine, mais utliser l’énergie renouvable pour chauffer l’eau afin de créer la vapeur: “the best of the old and of the new”.

    2. Donner au personnel des uniformes traditionnels (comparez au Blonay-Chamby)

    3. Inclure dans la station de départ un petit musée du ski: une succursale aux Diablerets du Musée des Ormonts.

    4. Demander une entrée aux touristes qui visitent le moteur à vapeur et le musée, sauf ceux qui ont une Free Access Card ou un abonnement de ski.

    5. Rendre l’intérieur des oeufs rouges très confortable, dans le style des wagons Chez Rose, et servir une mini-bouteille du Bitter des Diablerets (ou une autre boisson traditionnelle) à chaque client.

    Il est intéressant de noter que quelques-uns de ceux qui ont fait des promesses de dons pour “Sauver Isenau” croient déjà (par inadvertance?) que le but de la campagne est la rénovation et le maintien de l’installation actuelle. Ceci est partiellement à cause des excellentes images des oeufs rouges au-dessus du slogan “Aidez-nous à préserver Isenau”, sur le site myisenau.ch.

    Gordon Douglas

  17. Et bien moi qui croyais être quelque peu utopiste!!!

    Je crois que l’on imagine une histoire et un passé qui n’existent pas pour la télécabine! M. Douglas, pour que de telles idées soient crédibles, fassent rêver nos touristes, il faut avant tout qu’elles aient existé. Je vois mal le guide en charge de la visite du fabuleux moteur à vapeur expliqué à de gentils curieux qu’en fait ce bel engin date de….. 2014!!!!! Il faut aussi garder à l’esprit que les cabines sont un outil( si emblématique qu’elles soient) qui sert à amener, en hiver, des skieurs et et en été, des promeneurs sur le domaine d’Isenau. Estimez la durée de vie des beaux coussins en moleskine après un ou deux hiver. Pourquoi pas mettre un Stewart par cabine pour veiller au maintient du matériel…

    Toutes ces idées sont louables et pourquoi pas en fin de compte, faire de ces cabines un monument. Mais il faudra alors démonter toutes les remontées du domaines d’Isenau pour ne garder que l’essentiel de l’attraction. Monter, manger et redescendre pour un tarif indécent comme celui que l’on pratique dans toutes les attractions touristiques de notre beau pays( Jungfrau par ex.)

    Je suis bien désolé et me sens bien seul représentant de ma génération à prendre la plume pour défendre et soutenir la variante d’un télécabine neuf partant des îles. Faites vous entendre! Bien sûr cela coûte de l’argent, beaucoup d’argent. Mais de toutes façons nos finances ne sont pas brillantes, et quitte à avoir des dettes, ne faut il pas mieux avoir un bien ,un objet ou une télécabine à amortir?? Sans investissements, pas de rentrées. Alors à moins d’avoir une baguette magique qui fait naître d’un coup 200 nouveaux contribuables et d’un autre coup gomme la facture sociale, nous ferions mieux de mettre les bouchées doubles. Regardons vers l’avant (en regardant parterre pour ne pas tomber) et laissons le passé là où il est.

  18. Maureen Wittig-Judge // 29 juin 2013 á 8 h 48 min // Répondre

    VRAI VILLAGE DE MONTAGNE – Bravo à:
    Jean Lugrin « évincé un tourisme doux et respectueux de l’environnement, ce pourquoi les hôtes fidèles de la station sont venus et ont permis notre existence? » + « dérogation pour une installation historique » – N’oublions pas que le tourisme (Grand Hotel 1856 et l’Eglise anglaise 1881 puis les sports d’hiver étaient des iniatives des anglais qui encore aujour’hui sont nombreux à choisir notre vrai village de montagne…
    Et à Paul Foster « … un Plan B, modeste et intelligent… de garder les pieds sur terre… »
    PRIORITES –
    1. Pour les familles – NAVETTES (électriques?) Meilleret-Isenau (ma suggestion à l’OT déjà il y a NEUF ans!)
    2. Pour les skiers – PARKING PAYANT à l’entrée du village + NAVETTES gratuits (idem) Meillerts-Isenau-Glacier
    3. Pour les promeneurs – N’oublions pas les nombreux seniors du baby-boom (idem).

    ET POUR CONCLURE : de « ORMONT-DESSUS, ORMONT-DESSOUS 1994 » page 295, « Hier, aujourd’hui et demain… »
    « Cet heureux mariage du tourisme et de l’agriculture a permis à la vallée et à ses habitants de garder leur authenticité et surtout d’offrir à la clientéle un paysage intact, garant d’une qualité de vie qui est de plus en plus appréciée à l’haure actuelle. »
    VRAI VILLAGE DE MONTAGNE S.V.P….

  19. L’un empêche pas l’autre!
    On peut garder un village authentique par son architecture préservée et posséder des infrastructures dignes de ce nom. Vous pensez peut-être que je n’ai aucun attachement aux œufs rouges, c’est faux. C’est là que j’ai appris à skier juste après le passage obligé du « ponny-lift », il y à plus de 25 ans. J’aime les cabines telles quelles sont aujourd’hui. Et si aucune menace ne planait sur leurs têtes, pour rien au monde je n’en changerais. Maintenant le problème est bien différent. Nous devons faire quelques chose!!!! Vous êtes convaincus qu’en transformant l’installation pour la rendre exploitable en tant que remontée historique ne couterait rien. Et bien moi je suis persuadé que les exigences fédérales, les coûts d’exploitations et la transformation à coup sûr d’un grand nombre des pièces de l’installation actuelle engendreraient des coûts tout aussi astronomiques que ceux d’une nouvelle installation. Et ce, a assumer uniquement sur les caisses de TD ou communale ( au cas où nous en devenions propriaitaire). Car non, le master plan cantonnal « Alpes Vaudoises 2020 » ne mettra certainement pas un centime dans cette affaire là.

    C’est le même problème en changeant l’installation et en la laissant sur son tracé. L’actuel propriaitaire ou la commune devrait en assumer les coûts sans aucune aide cantonale. Pensez-vous que l’on peut s’en passer? Ou vous pensez peut-être qu’il faut remettre l’ouvrage sur le métier dans les discussions avec le canton? Je ne crois pas que la chose soit si aisée. On risque quand même de compliquer une fois de plus les relations avec le canton et de ce fait, les financements des futures infrastructures telles que le parc des sports ou encore les bains pourraient subir le même sort et nous n’aurons plus que les yeux pour pleurer…

    Soit on joue le jeu, soit on se débrouille tout seuls… À nous d’en décider.

    Yoann Huck

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