Isenau: échec des négociations entre Commune et propriétaires de chalets qui seraient survolés par le nouveau tracé de la télécabine

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La nouvelle est tombée vendredi soir 22 août 2014, au téléjournal de 19h30 sur la RTS. A entendre Philippe Grobéty (Syndic d’Ormont-Dessus et Député), la Commune a décidé, faute d’accord, de mettre fin aux négociations qui duraient depuis deux ans avec les propriétaires de chalets qui seraient survolés par le nouveau tracé de la télécabine partant des Isles. Et cela, malgré une indemnité de 100’000 francs proposée à chaque propriétaire concerné.

« Vu la conjoncture difficile, supprimer Isenau équivaudrait à un coup de grâce pour l’économie de la station », déplore le Syndic.
Cet arrêt des négociations signifie-t-il la mort de la télécabine et du domaine skiable d’Isenau? Pas forcément, mais il fragilise la survie de l’installation actuelle, dont la concession a été prolongée jusqu’en 2017. Sa rénovation – sans le prolongement jusqu’aux Isles – est estimée à 12 millions de francs. La Commune n’a pas les moyens d’y investir. Et le Canton n’y mettra pas un centime si la télécabine ne part pas des Isles… (en survolant les chalets de propriétaires qui n’en veulent pas!)
« Nous nous battrons pour maintenir cette télécabine si vitale pour la station », affirme Myriam Pichard, responsable de Diablerets Tourisme.
Sur son tracé actuel ou avec un prolongement aux Isles? Là est la question.

7 commentaires sur Isenau: échec des négociations entre Commune et propriétaires de chalets qui seraient survolés par le nouveau tracé de la télécabine

  1. Et pourquoi pas d’autres solutions ?

    Il a déjà été dit sur ce blog que d’autres alternatives existent. La concession d’exploitation a été renouvelée jusqu’en 2017. 2017 n’est pas une date limite d’exploitation. Seulement le moment d’un renouvellement de la concession qui peut être accordé par l’Office fédéral des transports si l’installation est sûre. Elle est sûre si elle est bien entretenue. Les propriétaires seront ainsi bien inspirés d’assurer la maintenance appropriée. Si l’installation n’entre plus dans leur modèle économique, la Commune peut actionner le fonds public d’investissements pour la racheter. Et pourquoi attendre pour une proposition ? A ce jour c’est une des rares installations rentables.
    Sur le fond, le projet n’est actuellement pas abouti. C’est l’ensemble du domaine skiable d’Isenau qui doit faire l’objet d’une revalorisation. Prévoir une budget pour changer une télécabine en omettant le remplacement des Pomalifts ne fait que déplacer un problème. Il manque un projet global du site. Que veut-on en faire ? une domaine skiable dédié à l’apprentissage ? Public cible les enfants ? Le projet actuel n’a pas réussi à convaincre les dernières personnes sceptiques. Et ce n’est pas une question d’indemnisation comme on a pu l’entendre mais une question de principe sur un projet mal ficelé.
    On ne peut qu’encourager la Municipalité et les propriétaires de faire appel aux compétences nécessaires pour développer et proposer un projet destiné à combler un public cible. Cela ne se résume pas à un grand parking, un hub et des pylônes lesquels ne vont pas divertir nos hôtes mais juste soulager un moment de déplacement. Le reste est à faire.
    Nous avons au sein du Conseil communal souvent discuté de ce sujet et interpellé la Municipalité sur un éventuel Plan B en cas d’échec du projet mis en avant. Cette option a toujours été écartée de manière catégorique. Il va falloir rattraper le temps perdu par ce manque de vision. Nous sommes tous d’accord sur un point : Isenau for ever.

  2. Je regretterai toujours de n’avoir pu discuter de ma lettre du 31 décembre 2010, adressée au Syndic et tenter de progresser de manière constructive à un développement concerté de notre région. N’ayant reçu aucune réponse, même pas un mot lors de diverses rencontres, je me suis approché quelques mois plus tard d’un autre municipal afin de savoir s’il se passait quelque chose. Tout heureux, il m’annonça la décision municipale de créer onze commissions chargées de définir l’avenir jusqu’en 2025 ! Presque tout le monde sait que lorsqu’on veut noyer le poisson, on nomme des commissions. Exactement l’inverse de ce que je proposais officieusement. Un petit groupe de personnes sensibles à un développement correspondant à l’esprit du lieu, discutant très librement et essayant petit à petit de définir une ligne directrice. Car, il ne sert à rien, sinon d’annihiler les efforts de chacun, en promouvant des actions contradictoires. Vous viendrait-il l’idée de créer un dépôt de munitions à côté de l’école, un terrain de moto-cross à proximité d’une zone de repos ou d’assécher le Domaine des Sources pour en faire un parking ?

    Le groupe initial se serait étoffé, des discussions régulières informelles auraient peut-être permis de créer ensemble la ligne de notre propre destinée, un état d’esprit régional. Au lieu de cela, un mandat fut confié à un spécialiste, pourtant certainement compétent. Etait-il nécessaire de demander à un tiers de piloter notre avenir ? Même si le travail qui a été fait au sein de ces commissions a permis de cerner certains points essentiels, comme le maintien de la qualité du paysage comme celui du massif, matière première de notre attrait touristique, on s’aperçoit qu’on est prêt à l’hypothéquer avec câbles et cabines pour permettre à quelques touristes aux brefs passages d’admirer la vue sur les Alpes. Comme on est prêt à passer sous le joug d’un Etat qui veut faire notre bonheur malgré nous.

    Si certaines exigences, comme la liaison des installations (je n’ai pas dit fusion!) partent d’une bonne idée, on s’est fait avoir sur les termes. La coûteuse installation estimée à 17 millions avec en prime, les deux pylônes de 35 mètres du vrai village de montagne ne résout aucunement la liaison des skieurs descendus d’Isenau pour se rendre au Meilleret. Et qu’on ne me parle plus de maintenir une partie de la route enneigée, je ne veux pas mourir de rire ! Le magnifique essai en cours d’une navette devrait donner des idées à nos édiles. Je les vois, ces petites navettes régulières, électriques, parcourant sans bruit les différents lieux (parkings, départ des installations de remontées mécaniques, etc.).

    Ouf, les exigences des propriétaires survolés par l’aberration «Furgerienne» sont telles que la solutions plus raisonnable du maintien du tracé actuel revoit enfin le jour. Je repense au propos catégoriques du directeur des remontées mécaniques, lors de la première séance d’information à la Maison des Congrès après la question d’un clair-voyant dans la salle :
    Non, il n’y a pas de plan B, c’est ça, ou Isenau c’est terminé !
    Sorti de la salle, j’ai pensé à la sottise d’une telle réponse. Est-ce que l’Office Fédéral du Transport à Câble n’aurait pas octroyé un prolongement de la concession pour une étude plus intelligente ? Evidemment, puisque c’est le cas !

    Maintenant, je suis convaincu que pour le maintien indispensable de la télécabine d’isenau, notre Municipalité doit rediscuter, mais cette fois en souverain et non en livrée de serviteur de l’Etat. Je rappelle que l’administration cantonale a une pléthore de services et que ce mot est trop souvent usurpé.
    Je rappelle aussi que la commune doit assumer le 20% du coût des installations préconisées, que ses finances ne sont pas particulièrement saines, et qu’on ne peut impunément augmenter les impôts sans risquer de voir la région être privée de sa substance, ses citoyens !

    Vive Isenau ! Vive ses oeufs rouges mythiques, demandez à tous ceux qui les connaissent !

    Jean Lugrin, plein d’espoir

  3. Bravo Mr. Lugrin. Je suis pleinement d’accord avec vous…

  4. Si l’on pouvait offrir 100’000.- Fr. à chacun de nos Gaulois on pourrait maintenant les mettre dans le fond « sauver Isenau » . Vu que maintenant leur immobilier ne va pas perdre de la valeur, peut-être même que ces mêmes Résistants vont maintenant souscrire généreusement à ce même fond.
    Cela dit, je pense qu’une solution meilleure marché, adaptée au domaine skiable existant et vivable à long terme doit être possible. Peut-être un exemple : La Berra ?
    Bernard Hähni

  5. Exactement !

    D’autre part, il semble que le projet, que nous ne connaissons d’ailleurs pas, (mais existe-t-il?) prévoit des cabines de huit places. On peut se poser des questions en regard du nombre de skieurs qui diminue chaque année, mais surtout ces cabines, vraisemblablement plus larges exigeront une modification de l’assiette. Bonjour les problèmes de changement des servitudes ! Quand je préconise un maintien de l’installation en répondant aux strictes demandes de l’OFT, je suis convaincu que c’est là qu’est la survie d’Isenau. Le temps passe !

  6. La Communication : un art difficile ! Isenau en fait l’amère expérience

    La communication d’informations importantes se heurte toujours à plusieurs questions :
    • Est-ce le bon moment ?
    • En dit-on trop, trop peu ou juste assez ?
    • Y a-t-il des personnes, des instances à informer en primeur ? dans quel ordre ?
    • Pourra-t-on retenir l’information publique jusqu’au moment adéquat ?
    • Ne risque-t-on pas de vexer tel ou telle ?
    et pour gérer tout cela, il faut souvent réagir au quart de tour, bruits de couloirs obligent, alors même qu’il faudrait une action mûrement réfléchie;
    … pas facile !

    La plupart des intervenants qui réagissent dans le Cotterg, souvent en appui ou en réponse à un article de M. Jean Lugrin ou de M. Eric Mermod, penchent pour un maintien de l’installation actuelle. Certes, c’est le projet qui dérange le moins, parce qu’on s’y est fait. Pas sûr que si on devait la créer de toutes pièces aujourd’hui elle passe la rampe! Cependant n’oublions pas que sa mise en conformité semble ne pas être si simple :
    – Peut-on garder les vieilles cabines, dont les portes ferment très approximativement ?
    – Que fera-t-on quand il faudra changer des trains de poulies fabriqués exclusivement par Giovanola, usine qui n’existe plus? pourra-t-on en financer l’usinage sur mesure qui coûtera un saladier ?
    – Que fera-t-on quand un moteur rendra l’âme ?
    – Laissera-t-on le bâtiment du départ se délabrer ou le rénovera-t-on complètement à grands frais sans pouvoir en faciliter ses accès?
    Certes, l’échéance 2017 ne sera pas forcément synonyme d’arrêt de l’exploitation, mais à ce jour c’est l’ultime limite fixée par l’office fédéral des transports (OFT). Si on réussit à repousser encore une fois ce délai, on peut avoir la certitude que plus les années passeront, plus les exigences de mise en conformité augmenteront. A chaque fois il faudra investir des sommes importantes. On dépensera ainsi petit à petit plusieurs millions sans aucune amélioration vraiment tangible. Est-ce cela que nous voulons ?

    Et puis, la situation actuelle est-elle si merveilleuse ?
    – Parking minuscule, mais nuisances maximum
    – Traversée de la route cantonale par la piste dangereuse et très malcommode
    – Traversée de nombreuses routes intermédiaires
    – Manque récurrent de neige, au moins sur les 200 derniers mètres
    – Détérioration de la piste existante par l’envahissement de certains riverains alors que l’emprise de la piste est clairement définie par voie de plans d’affectation, parfois doublés de servitudes

    De toute façon, quelle que soit la solution adoptée, comme il faudra trouver passablement d’argent, il est judicieux et même indispensable que la situation après transformation apporte une amélioration sensible et visible aux utilisateurs, sinon les efforts consentis n’apporteront pas les effets escomptés en terme de fréquentation et d’attractivité de la station. Pour ce qui concerne la vision globale du domaine, on peut bien sûr rêver de remplacer les ski-lifts Poma par de beaux télésièges 6 places avec sièges chauffants, revoir le réseau des pistes, faire un restaurant panoramique, etc, etc, en résumé réaliser plein de choses dans l’air du temps, justement ce que les détracteurs ne voulaient pas pour la nouvelle télécabine, mais ces installations ne sont pas menacées d’interdiction d’exploitation et il faudra d’abord se poser la question de leur rentabilité.

    Un plan B (ou C ou Z peu importe la lettre qu’on lui donnera, l’important étant qu’il soit réalisable avant l’échéance de 2017) est en cours d’étude depuis quelques temps.
    Une commission, on l’appellera ainsi même si M. Lugrin n’aime pas ce genre de groupe et lui préfère un regroupement informel, s’attelle à trouver une solution qui non seulement réponde à l’exigence de renouvellement de la concession en 2017, mais apporte une amélioration sensible qui devrait motiver d’une part toute la communauté locale à soutenir le projet, mais aussi trouver l’aval du Canton et des communes des Alpes vaudoises impliquées dans la vision globale appelée « Alpes vaudoises 2020 », car ne l’oublions pas, nous n’arriverons pas à réaliser le projet sans aide financière extérieure, à moins qu’un mécène ne vienne frapper à notre porte, ce qui n’a pas été le cas jusqu’ici.

    Oui, cela s’est fait sans tapage, parce qu’il y avait diverses bonnes raisons pour agir ainsi, mais le temps est venu d’en dévoiler les grandes lignes :
    – Remplacement complet de la télécabine en restant sur le tracé existant
    – Création d’un passage skieurs sur la route du Pillon
    – Révision complète des circulations entre les Isles et le départ d’Isenau, intégrée à un
    concept de déplacement et de stationnement dans le village (pris dans un large périmètre) et permettant de relier de façon satisfaisante le Meilleret avec Isenau
    – Faisabilité ou non d’un hôtel à Isenau
    – Faisabilité ou non d’un hôtel type auberge de jeunesse près du départ de la télécabine
    – Adéquation ou non d’un enneigement du bas de la piste
    – Amélioration des circulations dans le secteur du Belvédère de façon à faciliter le passage des skieurs
    – Création ou non d’une station intermédiaire
    – Amélioration de la liaison skieurs avec le départ du Glacier au Pillon (au moins dans le sens Isenau-Pillon)
    – Quelles pourraient être les utilisations de l’installation hivernales non liées au ski, de même qu’estivales ?
    La finalité est non seulement de maintenir, mais d’améliorer l’offre touristique et parallèlement d’augmenter la fréquentation, donc les recettes générées par la télécabine.

    Tout cela sera présenté très vraisemblablement cet automne.
    Dans l’intervalle, des discussions ont eu lieu et sont encore planifiées avec l’Etat, et même s’il est déplaisant de sentir qu’on n’est pas entièrement souverain, n’oublions pas qu’une aide financière de l’Etat nous sera indispensable, à moins que quelqu’un ait une solution miracle à proposer.

    Maintenant, mettons-nous autour de la table plutôt que d’agir par voie de presse, de mail ou de discussions stériles de bistrot. Ceux qui veulent en parler avec la Commission municipale RM 2020 sont les bienvenus.

    Bertrand Croisier, membre de la commission municipale RM2020 (ex taskforce)

  7. Je ne crois pas que polémiquer sur un sujet aussi crucial soit d’une quelconque utilité, donc je me bornerai à dire que tout doit être mis en oeuvre pour que la télécabine d’isenau soit opérationnelle dans les délais impartis. Personne dans cette région ne pourra pardonner un quelconque retard ou encore plus grave, son abandon définitif. Sachant que la durée des installations est limitée dans le temps pour diverses raisons, personnellement, je parerais au plus pressant, à moindre coût. Cela acquis, le temps à disposition permettra enfin de mieux comprendre l’évolution du ski, celle du climat, celle d’un tourisme quatre saisons, adapté à la clientèle fidèle, et aux résidents ! Chaque objet que Monsieur Croisier évoque mérite une grande réflexion qui exige du temps, et sa réalisation une maîtrise totale. C’est une deuxième phase, importante, mais secondaire par rapport au petit délai à disposition. Je ne peux donc que souhaiter aux responsables d’un tel enjeu, et par là, toute la population, l’indispensable réussite.

    Jean lugrin, simple citoyen aimant cette région

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