Hôte de marque: Bertil Galland à Lettres Vivantes, chez Geneviève Bille, à La Comballaz

Cet après-midi, chez Geneviève Bille, les Lettres Vivantes de la Comballaz reçoivent Bertil Galland. Quand nous étions plus ou moins petits, nous l’appelions Bergil Talent (qu’est-ce que c’était drôle!). Le temps a bien passé depuis que ma mère et lui avaient invité des personnalités chinoises dans le chalet familial des Moulins pour remercier ces communistes d’avoir accepté que ces deux grands reporters de Suisse visitent leur pays. Bertil fut le premier à y aller, ma mère ayant suivi une année ou deux ans plus tard. Le temps a passé depuis que le même Bertil me donna l’occasion de faire des photographies illustrant le texte de Claude Quartier : «Le Pays-d’Enhaut, Les fromagers et l’avenir des Alpes», aux Editions 24 Heures.

Bertil Galland, que n’a-t-il pas fait serait plus court à énumérer. Il a parcouru le Monde, en a ramené de passionnants reportages. C’est à lui que l’on doit de connaître la littérature romande, il a pris le risque d’éditer des auteurs qui maintenant sont reconnus bien au-delà de nos frontières. Il les a réunis tantôt au pied du Mont-d’Or, tantôt en d’autres endroits moins intéressants puisque ce n’est pas chez nous ! Il leur a permis de se rencontrer, d’échanger, de stimuler leur travail d’écriture.

Il a participé à l’équipe qui permit à près de 300 personnalités vivants dans ce pays de nous offrir un témoignage cinématographique et sonore. Le principe était extrêmement simple : une caméra filme en continu d’un seul plan, le micro enregistre les questions d’un journaliste (Bertil Galland a participé à plus de huitante Plans-Fixes, il a pris la présidence de l’Association) et l’intervenant répond, sans reprise, sans retouche.

Bertil Galland a-t-il été l’initiateur de l’Encyclopédie illustrée du Pays de Vaud, il en a été en tous les cas le directeur et la cheville ouvrière. Là aussi, une mine colossale de renseignements sur ce canton de taiseux et souvent d’introvertis.

Et caetera, et caetera, pour ceux qui parlent couramment le latin, tant l’homme est prolifique. Ne s’arrête-t-il donc jamais ?

Si, cet après-midi d’un été précoce, il vient présenter son dernier livre : «Les choses, les langues, les bêtes», Petite encyclopédie intime. Intime, peut-être, mais pour près de vingt personnes qui se sont groupées autour de la grande table. Bertil lit quelques passages, raconte quelques anecdotes et nous transmet sa passion. Elle n’a pas pris une ride. Merci Bertil ! Merci Geneviève !

Si l’écrivain a commencé par lire les passages consacrés aux desserts, je peux vous assurer que ceux qui ont suivi devaient contenir des agents accoutumants… Aux desserts et à Bertil !

Texte et photos Jean Lugrin

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